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Calanques : toxicité de Cortiou !

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1 Calanques : toxicité de Cortiou ! le Mer 16 Mai 2018 - 16:52

Christian-calanques

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Bonjour tt le monde.

Le Parc National des Calanques est le seul parc national au monde à subir deux grosses pollutions :

*les rejets sous-marins de l'usine d'alumine de Gardanne, boues rouges pendant 50 ans jusqu'à 2016, ensuite eau chimiquement chargée au rythme effarant de 270 m3 PAR HEURE ;

*le Grand Emissaire de Cortiou, dans la crique du même nom à l'ouest de la calanque de Sormiou, qu'Alain BOMBARD avait baptisé "l'anus de Marseille".

Cet émissaire rejette les eaux usées de près d'un million d'habitants (Marseille et périphérie), après passage dans la station d'épuration de Marseille, qui contrairement à celle d'autres villes (Cannes) ne recycle pas l'eau et rejette des effluents très pollués..

Ces pollutions sont invisibles, l'eau semble pure et transparente  (excepté à proximité de Cortiou sur une courte surface invisible des baigneurs et randonneurs).

Ci-dessous le texte d'un grand scientifique, le Professeur Henry AUGIER (qui dans l'un de ses ouvrages mentionne de façon bienveillante le naturisme).

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 L’exutoire de Cortiou contient encore un grand nombre de polluants qui n’ont pas été éliminés par la station d’épuration de Marseille.
Ces substances sont non seulement indestructibles par les procédés physico-chimiques et biologiques employés mais elles se signalent aussi par leur grande toxicité et leur accumulation continue dans la zone du rejet.
La compilation des travaux récents et en cours permet d’avoir une idée précise sur l’ampleur et la dangerosité du rejet de Cortiou sur la biosphère marine, au niveau du littoral et au large :

Détergents.
Les données officielles indiquent que la station d’épuration de Marseille éliminerait de l’ordre de 85 % de la charge totale en détergents.
Ce taux signifie que les 15 % restant sont des tensio-actifs résistants aux traitements de l’usine de dépollution. Ils sont appelés tensioactifs « durs », car leur structure chimique les rend difficilement biodégradables.
A cause de ce pouvoir de survie, ils ne cessent de s’accumuler proportionnellement aux rejets continus des effluents. Le pouvoir toxique de ces substances est considérable. Elles brûlent les feuilles de posidonies et détériorent les branchies des poissons et de la plupart des autres animaux marins à respiration branchiale.

Hydrocarbures.
L’exutoire de Cortiou rejette de nombreux hydrocarbures parmi lesquels les hydrocarbures aromatiques polycycliques sont les plus abondants. Il s’agit notamment du naphtalène, du fluorène, du phénanthrène, de l’anthracène et du benzo[a]pyrène. Ces hydrocarbures ont été identifiés et dosés dans les sédiments et dans les moules à Cortiou :
    ° Naphtalène : jusqu’à 37 µg/kg dans les moules.
    ° Fluorène : jusqu’à 10 µg/kg dans les sédiments et 7,6 µg/kg dans les moules.
    ° Phénanthrène : jusqu’à 10 µg/kg dans les sédiments et 5,7 µg/kg dans les moules.
    ° Anthracène : jusqu’à 152 µg/kg dans les sédiments et 5, 30 µg/kg dans les moules.
    ° Benzo[a]pyrène : jusqu’à 1500 µg/kg dans les sédiments et 2,6 µg/kg dans les moules.  
Est-il nécessaire de rappeler que ces hydrocarbures sont toxiques pour la flore et la faune marines et que le benzo[a]pyrène est mutagène ?

Alkylphénols-polyéthoxyles.
Les alkylphénols-polyéthoxydes contenus dans les effluents rejetés à Cortiou dérivent des alkylphénols polyéthoxylates (APnEO), agents nettoyants non ioniques assez largement utilisés. Ils sont présents aussi bien dans la phase particulaire que la phase dissoute et également dans les sédiments. La dégradation des APnEO dans les stations d’épuration conduit à la formation de plusieurs métabolites plus résistants et plus toxiques. Ils ont révélé des activités oestrogéniques chez les poissons et notamment une inhibition du développement des testicules.

PCBs (Polychlorobiphényles).

Seuls les congénères 101, 138 et 153 ont été recherchés. Tous les échantillons sont contaminés par les PCBs. Les concentrations les plus fortes vont jusqu’à 400 µg/kg dans les sédiments et 35 µg/kg dans les moules.
L’exposition chronique aux PCBs, même à faibles doses, est responsable de nombreux dysfonctionnements chez les animaux de laboratoire et les organismes marins.
Signalons notamment des perturbations de l’appareil digestif (effets hépatotoxiques graves), de l’appareil respiratoire, du système endocrinien, de l’appareil cardiovasculaire, de l’appareil neurologique et sensoriel. Ils abaissent l’immunité naturelle et se signalent encore par leurs effets tératologiques et cancérigènes.

Métaux.
Les travaux récents ont révélé la présence de nombreux métaux dans la zone de rejet des effluents de Cortiou et au-delà : argent, cadmium, cuivre, mercure, nickel, plomb, zinc.
Les taux pour le mercure s’échelonnent jusqu’à une valeur maximale de 8,7 mg/kg dans les sédiments et la pollution s’étend jusqu’à l’ile Maïre, avec un pic à 1,4 mg/kg.
Les teneurs en cadmium s’élèvent jusqu’à 7,66 mg/kg dans les sédiments et 1 mg/kg dans les moules.
Les concentrations en plomb sont très fortes, jusqu’à 575 mg/kg dans les sédiments et 2,62 mg/kg dans les moules. La pollution saturnique s’étend bien au-delà du panache des eaux polluées de Cortiou, jusqu’à l’ile Maïre et les Goudes.
D'ailleurs, le rendement d’élimination des métaux par Géolide ne serait que de 70 % d’après les données officielles, ce qui expliquerait la situation.

Substances pharmaceutiques.
Des concentrations élevées à très élevées de résidus de substances pharmaceutiques ont été mis en évidence dans les rejets de Cortiou. Il s’agit essentiellement d’anti-inflammatoires non stéroïdiens (aspirine, diclofenac, naproxène, ibuprofène, kétoprofène, etc.), d’antidépresseurs (amitryptiline, diazépam, nordiazepam, carbamazépine), de l’hypolipémiant le gemfibrozil et de diverses autres substances telles que la caféine et le paracétamol.
Ces substances ont été mises en évidence non seulement dans la phase dissoute mais également dans la phase particulaire et les sédiments, répartition favorable à leur dissémination.
Les anti-inflammatoires non stéroïdiens sont présents à fortes concentrations, de l’ordre du µg/l, 250 µg/l pour le paracétamol.
Les taux d’antidépresseurs sont moins élevés, de l’ordre de la dizaine de µg/l, 6 µg/l pour la carbamazépine. Ces résidus de médicaments sont à l’étude en ce qui concerne leur impact sur la biosphère marine.
Les perturbateurs endocriniens - notamment ceux dérivés des pilules contraceptives - n’ont pas été étudiés à Cortiou, leur prise en compte révélera certainement leur présence dans l’effluent compte tenu du nombre élevé d’habitants reliés à la collecte des eaux usées de Marseille et des communes avoisinantes.

Impact sur la flore et la faune marines et tests de toxicité

La dangerosité des eaux de Cortiou ressort clairement du bilan des polluants détectés et dosés, riche cocktail de produits toxiques agissant souvent de façon additionnelle et synergique.
L’impact sur le plancton, la flore et la faune marines est indéniable, avec une gravité accrue dans un rayon d’un kilomètre à partie du rejet, d’après les données officielles.
Cette menace a été confirmée par des tests de toxicité sur le développement embryonnaire des huîtres Crassostrea gigas. En laboratoire, 100% des larves élevées dans des eaux prélevées dans la crique de Cortiou, sont tuées par la toxicité de ces eaux.
                                                             
                                     Henry Augier 12 mai 2017


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(Christian 13 dans les débuts du forum)

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